mardi 1 février 2011

L'histoire à l'ère du numérique: Le temps d'un bilan.


Ce dernier billet est la conclusion d'un travail débuté en octobre et se terminant en janvier. Tout au long de ce séminaire, différents thèmes ont été explorés; du Web 2.0 en passant par une analyse de la Digital History, pour s'achever sur une critique de l'histoire numérique. Que retenir de ce vaste tour d'horizon?

La technologie et les médias permettent une approche nouvelle et efficace de la science historique. Les possibilités sont décuplées en utilisant les ressources de façon judicieuse. Pour quelles raisons  s'en servir? C'est la question que je me pose au sujet de mon travail qui ne semble pas être dépendant de ces techniques ou de cette façon de faire l'histoire. L'ordinateur pour moi reste un outil de conception et non de diffusion. Pour le moment, je laisse aux autres le soin d'emprunter cette voie même si je reste admiratif devant les solutions numériques découvertes lors de ce séminaire.
Ces dernières modernisent l'histoire. Je préfère ne pas rester trop dépendant de l'écran lors de mes recherches. L'ordinateur occupe une place centrale dans la vie de tous les jours. Cela se répercute indubitablement sur les habitudes d'un chercheur. Cependant, il faut garder le goût du déplacement aux archives, du contact avec ses coreligionnaires. « Traquer l'aspect matériel est primordial ». Selon moi, l'approche numérique doit rester progressive et non systématique (à l'occasion ou selon les circonstances). Je serai bien incapable de m'y retrouver...

Pour répondre au deuxième point, je pense que plus on inclut de matériaux différents à une exposition (ou autre), plus on dynamise le sujet. Les sources permettent une assimilation directe. Les blogs,  twitter, les flux rss, les sites en lignes et autres peuvent supporter tous ces formats. Le texte est soutenu par un apport visuel et sonore compatible avec les différentes idées mises en place.  Toutefois, il faut toujours justifier et légender. L'écueil serait dans « distribuer à tout bout de champ ». Il faut qu'elles gardes un rôle d'étai. L'impact visuel est déterminant. Il faut frapper les sens. Les solutions numériques « exhumées » durant le séminaire furent tout à fait nouvelles. Il s'agit de produire d'une autre façon. Le numérique rafraichi indiscutablement l'histoire et la hisse au même niveau que les autres sciences homologues ou hétérogènes.

Y a t-il eu des situations où vous avez estimé que vous étiez confronté/e à quelque chose de complètement nouveau? des situations où vous avez pu utiliser votre expérience ou des connaissances et improviser à partir de là?A cette question, je répondrais: « Venant d'un petit village du fond de la Camargue »; beaucoup de choses furent nouvelles et il fallut improviser à certains moments...

Pour ce qui est des interprétations (troisième question), il faut qu'elles demeurent modulables selon le public visé. Les idées « primaires » sont difficiles à formaliser. Il s'agit de « partitionner » une musique complexe déjà toute orchestrée dans les limbes (parfois embrumées) d'un cerveau (souvent fatigué). Quel est le meilleur moyen pour la retranscrire? Opérer en crescendo: De l'idée la plus simple à la plus détaillée. Une réflexion aussi anodine soit-elle, doit être définie comme une porte entrouverte. Au public de franchir le pas. L'implicite ( « ce qui émane ») permet de lancer et de construire un débat propice permettant de transformer diverses thèses en une seule synthèse.

Aujourd'hui, pour rendre l'histoire intéressante au public, au « maistream »; il faut que la discipline s'adapte à ses attentes. Mais que demande le peuple? Une approche moderne et non plus austère comme l'ont suggéré ,par exemple, des années d'enseignement dispensées par certains professeurs jouant plus ou moins le rôle de magnétophone, envoyant de temps en temps un petit diapo pour sustenter une chiourme d'élèves endormis, rincés, définitivement ailleurs...

Il faut donner à l'histoire, une forme dynamique, « attirante » et agrémentée: N'importe quel sujet peut-être mis en valeur. Tout ce qui peut paraître plat peut prendre un certain relief. L'histoire doit être vivante. Le numérique, par les solutions qu'il propose, peut lui servir  « d'exhausteur » et « d'adrénaline ». Indiscutablement, Internet se pose comme un vecteur, un transmetteur de savoir. Les sites historiques sur lesquels nous avons débattus pendant le séminaire en sont les exemples parfaits....

Quel genre d'historien pensez-vous être? Quel genre d'historien/ne voulez-vous être?

[Encore faut-il avoir le M2 en poche!]

Tout d'abord, je ne me définirais pas en temps qu'historien pur car j'aime mélanger les approches. « Journaliste de l'histoire » un jour m'a t-on dit... Journalisme et histoire? Un paradoxe? Certains le pensent, mais lier ces deux disciplines ne peut être que profitable. Selon moi, l'histoire contemporaine se fait sur le terrain et se pratique comme une investigation. Si possible, il faut être sur place, au contact permanent des lieux, des acteurs et des témoins. Rester statique est selon moi incompatible avec la discipline. Pour moi, un bon historien doit savoir conjuguer les pratiques. Toutefois, aller enquêter à la « source » de l'histoire n'est pas tout. Il faut consentir après ce travail à bâtir sa pensée grâce au travaux des pairs et reprendre une approche « classique ».

Dans l'approche de mon travail, je reste plutôt « vieux jeu », c'est à dire: « stylo-papier » et je ne veux pas que mon travail soit essentiellement lié au Web. Cependant, l'historien moderne est déjà entièrement lié au numérique: appareil photo, traitement du texte, de l'image et de la vidéo... Internet est un outil fabuleux. Il fait gagner du temps, aide à corriger les fautes d'orthographes, permet de trouver la ressource adéquat au bon moment et j'en passe. Hélas, Internet ne fait pas tout. Même s'il donne des pouvoirs supplémentaires, il ne remplacera jamais le format papier et les archives. Le Web est un très bon moyen de communication. Certaines solutions de partage se révèlent très pertinentes. Encore faut-il trouver quelqu'un avec qui partager. Et surtout, faut-il trouver de la matière à partager sur le net... Ce séminaire m'a fait prendre conscience que je pouvais faire quelques petites exceptions... Il faut se prêter au jeu et  l'on ne change pas ses habitudes de travail du jour au lendemain. Avec le temps peut-être ferais-je  partie d'une communauté de recherche, et échanger mes données en ligne sera payant.

Pour conclure, ce séminaire fut enrichissant à bien des égards. Les sujets abordés furent autant de découvertes... A certains moments, il fallut se creuser la tête: «  Comment vais-je réaliser la critique de ce produit? » ou « M#r%e! Ça veut dire quoi Overwhelming??? ». Le travail fut en retour gratifiant et les progrès en vocabulaire technique anglais, notables...

Sinon, l'ambiance générale était sympathique et conviviale. La part de tarte et les chouquettes pas mauvaises... Les différents rendez-vous étaient constructifs malgré le nombre parfois restreint des intervenants. C'est une expérience à refaire!

lundi 24 janvier 2011

textes...

Un petit billet sur les textes de la dernière séance.

Kelly Schrum, "Surfing for the Past: How to Separate the Good from the Bad," AHA Perspectives (May 2003).

Évaluation de la qualité de certains sites qu'utilisent les historiens dans leurs différents travaux de recherches. Comment évaluer un site? Il faut que les étudiants apprennent à jauger eux-mêmes la qualité d'un projet web. Le but est de trouver des « plateformes » fiables rapidement dans le flot gigantesque du net. L'étudiant a besoin d'être guidé dans cette démarche.

Paula Petrik, “'We Shall Be All': Designing History for the Web”.

Ici on parle de l'utilisation du Web dans l'enseignement (qui selon l'auteur devrait entrer au programme?)

Sont cités les côtés positifs de ce genre d'enseignement: « aspect lucratif de certains cours via internet, contraintes limitées, coûts limités etc... »

De plus, les étudiants sont sensibles au numérique. Le Web possède cet attrait supplémentaire...Les points positifs sont donc nombreux. A la fin de l'article: Avantages & Désavantages [...]

Sheila A. Brennan and T. Mills Kelly, “Why Collecting History Online is Web 1.5”.

La mise en place d'un site de collecte et ses difficultés à travers l'exemple du site « Building The Hurricane Digital Memory Bank ». Lesson learned: La création d'un site doit se faire selon une nomenclature strict.

Guidelines for Reviewing Websites for the Journal of American History and History Matter.

Explique les procédés de base pour la création d'un site historique ou autre. Ce petit texte apporte une partie des solutions aux problèmes rencontrés dans le texte précédant.

Carl Smith, "Can You Do Serious History on the Web?,” AHA Perspectives Online (February 1998).

L'auteur met en doute le sérieux de certains sites à caractère historique à travers quelques exemples. Il parle d' « Oversimplification ».

Nicholas Evan Sarantakes, "So That a Tree May Live: What the World Wide Web Can and Cannot do for Historians" AHA Perspectives Online (February 1999).

What impact will the Web have on history web? Facilitator of research: En effet, un gain de temps considérable est obtenu grâce à l'utilisation d'internet...

Échanger, organiser, comparer, etc devient plus simple. Il est aussi plus facile de publier. Tout est à disposition chez soi. On peut mener une recherche de qualité sans jamais aller aux archives (ouaw!)

Mais il y a des points noirs. Les capacités de stockage ne sont pas illimitées. « structural limitations in internet »: De plus on peut perdre les données. D'autres désavantages sont abordés [...]

« The published word will survive the Internet »; « The Web is the best and the worst source of information today ».

jeudi 20 janvier 2011

History Channel versus History Wired

Critiques et analyses: History Channel & History Wired.

1/History Wired.

Qu'est-ce que c'est? Comment ça marche? Une mosaïque s'affiche sur l'écran. Sur cette dernière sont disposés des thèmes (Print/Communication; Clothing, Business, Entertainement, Military ecc). Chaque petit carreau appartient à un thème et renvoi à une image. 

Ces photos diverses appartiennent au folklore et à la culture américaine. Elles sont pour la plupart du temps iconiques (Mont Rushmore, JFK, Coca-Cola, Mac [...]) et issues des fonds du National Museum of American History.

Dans l'onglet About the program, on en apprend plus sur les visées du site. Les photos présentées sur la mosaïque sont un échantillon de toutes les ressources présentes au National Museum. Un lien est d'ailleurs disponible. La mise en place de ce site est une bonne initiative d'ouverture donnant un bel aperçu des ressources disponibles .

Doté d'un interface originale même si paradoxalement son design s'avère sommaire, ce site se révèle ludique et bien construit. Une barre chronologique (time frame) permet de cibler un créneau précis. En dessous, on trouve une barre thématique (10 thèmes). Son utilisation agit sur la mosaïque qui se colore au grès des choix. Une fois le « carreau » sélectionné, l'image apparaît en médaillon. En cliquant dessus, une fenêtre séparée s'ouvre avec la photo agrandie, une description, des liens et un sondage.

Selon moi, ce site s'avèrerait être un bon outil de promotion de l'histoire destiné au « mainstream ».
L'image éveil et stimule les intérêts. Connaître les origines et l'histoire de ces icônes, de ces personnages emblématiques ou autres permet au gens de franchir le pas et de poser le pied dans le domaine de l'histoire. Certes, il s'agit d'une approche de surface (donc limitée). Cependant, elle se révèle être suffisante pour un premier contact.

2/The History Channel.

Premier constat: Le site possède un interface résolument moderne et accrocheur comme savent le faire les Américains. Le visuel frappe: On se croirait dans l'Itunes Store de Apple. Analysons désormais le contenu.

Différents onglets sont disponibles:

Home: Page d'accueil, actualité du site, sujets préférés et actualités du site.

Topics: Comme son nom l'indique, une liste de dont les « most viewed » et autre. Une barre de recherche est également présente. Un sujet attire mon attention: « Vietnam War ». Je clique et la page s'affiche. Le site combine les médias et utilise vidéos, images et prises de sons. L'approche est synthétique. On va à l'essentiel tout en conservant une certaine rigueur.
TV Shows: L'histoire en HD! Sélections de courtes vidéos. Encore des publicités... Une question demeure: Faut-il payer pour voir l'intégralité de ces émissions?

This Day on History? Quel événement a eu lieu en ce 20 janvier?

Games: en rapport avec l'histoire. Dinopédia est plutôt sympathique...

Shop: « Achètes et tais toi ». A noter: Grosses remises à moins 50!!!

Que penser de ce site?

A l'image de ces chaines « canal'sat' »: history channel, discovery et j'en passe, ce site au visuel attrayant attire l'oeil. Tout est affaire de "packaging". Il s'agit d'un site tout public qui comblera des attentes limitées. Faits principaux, belles images, actions etc...

On s'attarde sur l'évènementiel. Sans paraître rabat-joie, je pense qu'ici la discipline est associée à un certain côté business/mercantile. Mais peut-être que je peux me tromper.... Le débat est ouvert.

[à aborder en séminaire: « Américanisation. On parle d'un produit destiné à des consommateurs d'histoire « rapide »: Images fortes/gros titres/aspects sensationnels marketé et bien emballé /vision partielle/présence de pubs et de liens pour acheter »].

PS: ce billet sera sans doute « upgradé »...

mardi 4 janvier 2011

Séance de la Semaine, 11 janvier 2011. Quatrième Rapport Méthodologique: Personal Brain.


Clubic: « PersonalBrain est un programme d'organisation de fichiers et d'idées, vous permettant d'associer fichiers, pages web et autres sources d'information de manière organisée. Il vous permettra entre autre d'organiser vos idées d manières graphiques et de les lier visuellement afin de visualiser au mieux les interconnexions ».

Ma première approche concernant les logiciels « Dynamic Mind Mapping » et ses possibilités eu lieu lors de la séance du 7 décembre 2010.

Il s'agit ici de la version 6. 0 de Personal Brain (Version Pro d'essai/1 mois).

Pour le néophyte: Vidéo en guise de tutoriel ainsi qu'un « faq ».

Notons que le logiciel proposé est en français (ouf!)

Le logiciel permet de travailler de façon originale. Pour ce billet, j'ai choisi d' « organiser » ma seconde année de Master.

Voyons-voir ce que cela donne.


Le "soleil de mon système" est représenté par "Deuxième année de Master". Autour de lui orbitent différentes "planètes" (onglet "créer parents") représentant les différentes UE de cette année scolaire. Enfin, plusieurs satellites (onglet "créer enfants") gravitent autour de ces dernières. C'est là que l'on va trouver les données dites "pratiques".


Note: Ce logiciel flatte l'oeil. Tout est configurable. Les opérations s'effectuent de façon instinctive.(Pas besoin de revoir la vidéo tuto pendant des heures).  On peut voir les différents "presets" sur cette première capture d'écran.



Me voici sur la "planète UE: Sciences Sociales et Histoire". Le "satellite Séminaire" est en vue. Cliquons.


Nous sommes maintenant sur mes données personnelles du séminaire. Tout s'affiche. Un menu "Notes" est disponible en bas, à gauche ainsi qu'un menu de configuration à droite (zoomer les captures d'écran). Il ne reste plus qu'à configurer son système, chose qui se fait très facilement. Si je clique sur "Blog perso", je serai renvoyé automatiquement sur la page d'accueil de mon blog internet. Si je clique sur "Lectures obligatoires": Les textes de mon disque dur s'afficheront un par un ou par répertoire etc...


[MYSTERIEUSEMENT, UNE PARTIE DU TEXTE AINSI QU'UNE CAPTURE D'ECRAN NE VEULENT PAS S'AFFICHER LORS DE LA PUBLICATION DU MESSAGE, IMPOSSIBLE DE LES INSERER DANS UN SECOND MESSAGE. DESOLE POUR LE DESAGREMENT]






Sur cette capture d'écran, une image d'archive s'affiche. Nous sommes sur la planète "mémoire", l'un de ces satellites se nommant "archives/cartographie/Indochine" contient cette donnée.



Résumons.


Personal Brain permet de centraliser de regrouper et d'organiser un travail de façon originale et performante.
Une présentation de travail avec cet outil pourrait faire "un malheur" lors d'un séminaire ou autre présentation devant un public. C'est un outil polyvalent.

L'un de ses principaux points points forts est sa simplicité et sa rapidité de prise en main. Il m'a fallut moins de 10 minutes pour créer ce que vous avez pu apercevoir sur les captures d'écran.
La majorité des formats fichiers sont pris en compte. Le logiciel permet d'archiver et de classer ses propres ressources "outlines" tout en combinant les autres données "inlines" (links/url).

Pour ma part, même si esthétiquement on ne peut pas faire mieux, je préfère garder mon organisation "poste de travail"; "fichiers" & "sous-fichiers".

dimanche 5 décembre 2010

Collex

Billet du 7 décembre. COLLEX.

Présentation de l'outil.

« Engineered with NINES ».

Collex propose la mise en ligne de collections de documents « open-sources ». Cet outil est conçu pour aider les chercheurs/étudiants en sciences humaines travaillant sur des « collections digitales ».

Collex est animé par NINES qui récupère les données disponibles sur le net abordant la période « 1770-1920 ». L'histoire américaine et britannique est traitée.

Remarque n°1: Collex peut se révéler être un outil indispensable pour tous les chercheurs traitant cette période. Il faut aussi préciser qu'il n'y a pas de droits d'auteur sur ce créneau: les sources on-line foisonnent. Collex doit être un bon atout; il permet de traiter rapidement et facilement le flux d'informations concernant cette période.

Comme son nom l'indique, cette application permet donc de collecter, marquer et d'effectuer des annotations diverses sur textes et images. Des exposés et présentations peuvent être réalisés. On peut ensuite partager ses travaux en ligne.

Remarque n°2: La page d'accueil est simple et sobre. Elle présente l'outil. En haut, à gauche, nous avons les onglets de fonctionnalités. A droite, un panneau didacticiel et les fonctionnalités offertes par NINES.

Passons à la phase pratique.

Onglet Search: Plusieurs champs. Intitulé global puis sous-critères (titre, auteur, éditeur, année).
A droite s'affichent les ressources disponibles (Peer reviewed Projects, Other Digital Collections, Journal) ainsi que les critères sélectifs qui permettent d'affiner la recherche (bibliography, citation, collection ecc). Une fois le document sélectionné, les options collect/discuss sont disponibles.

Remarque n°3: On peut très vite retrouver la « bonne donnée » parmi un flot considérable d'informations en affinant grâce aux critères de recherche.

Publications: Projets liés au site et à son utilisation.

Community: Les membres utilisant Collex et leur(s) projet(s).

Class Room: Les travaux des enseignants à disposition des étudiants. Interactions possibles.

News: Derniers documents mis en ligne.

Home: Barre de recherches NINES. Featured Resources/Popular Tags/Recent News/Federates Websites.

Conclusion: Facile d'accès et simple à utiliser, Collex peut aider à faire la différence sur le thème qu'il aborde. Son concept est intéressant. Il serait judicieux de l'exporter à d'autres sites traitant d'autres périodes.

analyse du corpus & premières estimations. bon appétit!

Billet: Séance du 7 décembre 2010.

La recherche numérique en histoire (Web and Data Mining; Information trapping).

Il s'agit ici de pistes découvertes au fil des lectures. J'espère qu'elles seront propices au débat. A vous de compléter, de corriger ou de commenter.
  • David M. Levy, "Contemplating scholarship in the digital age", RMB. A journal of rare books, manuscripts, and cultural heritage, vol. 6 no. 2, 2005, pp.
Dans cet article, l'auteur énonce la formidable poussée de l'informatique dans le milieu de la vie de tous les jours: « [...] culturewide [...] overwhelmed by the flood of email, mass media, information saturated, speed dominated » [...] On pourrait évoquer la génération « push the button ». Cet aspect se diffuse dans la recherche historique et scientifique. Tout va désormais plus vite.

« My concern in this article is with the speed up on [...] scolarship ». Levy s'attarde à décrire les nouveaux processus employés par les historiens pour mener à bien leurs recherches. L'ère du numérique redéfinie les méthodes de travail. Elle a un rôle d'accélérateur que l'on pourrait qualifier par le « tout, tout de suite ». Cet avantage se révèle être un défaut; Comment juguler la masse d'informations colossales venant du Net? (p4: We suffer from information overload ».)

Il y a trop d'informations. Comment s'en sortir? L'auteur confronte la vision de Bush et Pieper (developpement of new technologies/memex & contemplation/leisure!).

« Digital tools are superb instruments for ratio » (page 6). N'y a-t-il plus que le ratio? Et la recherche autre que numérique? La consultation des livres, des archives? Que continue t-elle à apporter? Comment conjuguer ces aspects numériques et analogiques?
  • Bernard Frischer, “The ultimate internet café. Reflections of a practicing digital humanist about designing a future for the research library in the digital age”, in Library as place: Rethinking Roles, Rethinking Space, Council on Library and Information Resources, Washington, D.C., February 2005, pp.
Les idées de cet articles rejoignent celles du premier: « [...] New digital technologies occur with minimum of pain and a maximum of gain » (p 43). Frischer compare le « format papier » du livre et sa version « online ». L'outil numérique décuple les capacités. La « Research Library » devient donc indispensable à tout travail de recherche. On ne cesse de la faire évoluer, (ergonomie, rapidité, pertinence des demandes etc...) le but étant d'éliminer les contraintes classiques liées aux recherches conventionnelles. On peut désormais mener des recherches très poussées tout en restant statique.

Page 51: « Configurated in the right way for work in the digital age and offering facilities such as reality theaters that can never exist in the home, the research library can become the ultimate internet cafe where we convenient and congenial to connect, to remote places [...] »
  • Thomas Mann, "The Peloponnesian War and the Future of Reference, Cataloguing, and Scholarship in Research Libraries"
Article relativement long (41 pages) et plutôt didactique, l'essai de Mann nous explique comment mener à bien une recherche scientifique sur le Web (« Cataloging operations in the promotion of scholarly research »/ « Scholarship vs Quick information seeking »).
On suit les démarches à effectuer à l'aide d'un exemple (« Peloponnesian League »). « On commence du plus général au plus précis ».

L'auteur décris pas à pas son parcours de recherche à l'aide de bases de données et d'outils tel le « scope match subject cataloging ». On peut estimer concrètement les difficultés rencontrées lors de son travail. « On cherche l'entrée la plus pertinente » (problème du « flood »). Les principales étapes du processus sont résumées aux pages 35 et 36.
  • Patrick Leary, “Googling the Victorians”, Journal of Victorian Culture 10:11, 72-86.
« The eureka moments in the life of today's questing scholar adventurer are much more likely to take place in front of computer screen ».

Selon Patrick Leary, le moteur de recherche devient une arme redoutable dans les mains du chercheur ou de l'historien: « Google quicly became my first port of call for tracking down unfamiliar allusions met with in my research on Victorian periodicals, in many cases making resort to more specialised databases and reference books unnecessary ». (page 4/5).

La digitalisation de masse et les progrès techniques changent considérablement la façon dont on aborde tel ou tel sujet.

Revers de la médaille: « Frenzy of reprinting [...] proliferation of cheaps reprints had enormous consequences for canon formation and reading patterns ». (page 8).

Cependant:

« Google merely the future of scholarly discovery [...] The great versatility of googling_the straightforward precision with which it can locate character strings is also, of course it's greatest drawback » [...] page 11.

Émergence de communauté de recherche en ligne. « Online searching is connecting people ». Exemple des « Victorianistes »: « The most active site of interaction between Victorian descendants and Victorianist Scholars will surely be Oxford Dictionnary of National Biography ». [...]
  • Dan Cohen, “From Babel to Knowledge”, D-Lib Magazine, March 2006, Volume 12 Number 3.
Assez technique: Confrontation de « Syllabus Finder, a specialized search engine » (présentation: avantages/inconvénients) et de « H-Bot, automated historical fact finder » (non disponible).

William Turkel, “Searching for History,” Digital History Hacks (12 Oct 2006).

« If you are trying to reach users with an online history site, you want to know what kinds of search they are going to use to get to you ».

Quelles requêtes formuler pour mener à bien une recherche? Les moteurs de recherche sont adaptés aux habitudes des gens? Aux mots-clefs? [à approfondir lors de la séance]
  • Information Trapping - An Interview with Tara Calishain, Future Perfect Publishing (3 Sep 2007).
« I define information trapping as using alert services, RSS feeds, and similar services to bring updated content to you as it’s generated ».

Comment appréhender l'information dans un univers digital qui en est submergé? Comment la capter, l'organiser et la partager? Cet interview répond en partie à cette question.

« Web page change monitors and RSS feeds. Specifically speaking, Google News, Yahoo News, Yahoo Alerts, Web Site Watcher, YouTube, and basically any page or resource that either generates an RSS feed or outputs its data on a page that’s easy to monitor ».
FPP: Are there some best practices for storing, organizing and cataloging the information you trap
Tara: Try to have a separate mailbox or folder for your trapped information. Don’t save too much if you can help it. Keep your cataloging process as simple as possible – as simple as a text file if you can manage it. The more complicated your cataloging gets the tougher it’ll be to keep up with ».
  • Bradley,"Search Engines: Where We Were, Are Now, and Will Ever Be," Ariadne Magazine 47 (Apr 2006).
Il s'agit ici d'un exposé sur l'évolution des moteurs de recherche. « Où en sommes-nous? »

« The field of clustering and query refinement ». L'auteur note, par exemple, l'apparition de la publicité en 1999 dans le moteur de recherche Google; qui devient par la même occasion, leader en 2000. Ce moteur se démarque de ses concurrents tout en restant plus performant. Chaque moteur crée ses propres outils.

L'auteur évoque l'hypothèse de futures requêtes personnalisables selon les gouts de l'utilisateur.
  • Dan Cohen, "The Single Box Humanities Search," dancohen.org (17 Apr 2006).
L'auteur évoque le « réflexe Google » (face à JSTOR et ProQuest). Cohen compare Google Scholar et Windows Live Academic. Ces moteurs de recherche sont-ils adaptés au domaine historique?

« [...] humanities articles aren't as easy as scientific papers [...] outlets for scientific articles are more open and indexable by search engine than humanities journal [...] ».

Des difficultés persistes pour indexer convenablement les requêtes émises par les chercheurs en histoire. Cet article rejoint les commentaires du textes de Turkel.
  • Singel, "Cool Search Engines that are not Google," Wired (30 Jun 2009).
« How do you find a new search engine if all you know is Google? »

Passage en revue des différentes alternatives face au géant Google.

« The smartest one we found is Collecta /Trackle».

Certain moteurs de recherche se spécialisent: « Indeed.com for job hunters » [...] fizy.com for music [...]

Panorama non exhaustif.
  • Stanford University, "Library of Congress Subject Headings Galaxy.
Recherche de manière ludique. Une galaxie. Domaine de recherche associé à une planète etc...

Bilan de lecture.

En quelques mots: La place de l'informatique et du Web a pris une place prépondérante dans la vie du chercheur.

Les outils disponibles évoluent. Ils deviennent plus nombreux, plus spécialisés plus ergonomiques. Cependant, des progrès restent à faire pour rendre les bases de données plus performantes. (« relevant choices »).
La digitalisation de masse bouleverse les habitudes passées. Il faut savoir gérer les informations et adopter des techniques pour éviter le « overwhelming » si fréquemment cité dans ces textes.
Une autre idée émane de ce corpus: Google occupe une position centrale dans la sphère internet. Des satellites, sans cesse plus nombreux viennent graviter autour de lui. La concurrence est rude. Elle favorise une évolution constante. N'hésitez pas à corriger et apporter des précisions. jb

lundi 22 novembre 2010

Mission de la semaine

Votre mission (de la semaine) si vous l'acceptez consiste à sélectionner un site parmi une liste, à préparer une présentation critique en séminaire et... à poster un billet sur le blog. C'est désormais chose faite pour la dernière option.


Site sélectionné:
Andrew Torget, Texas Slavery Project (2008).

Page d'accueil:

Ce site a pour objet l'étude de la diffusion de l'esclavagisme à travers le Texas, analogue à d'autres état confédérés voisins comme la Virginie, le Mississippi ou encore l'Alabama pour n'en citer que quelques uns. Le Texas a d'abord été une colonie espagnole avant de faire partie du Mexique. Après avoir connu une éphémère république indépendante, il fut rattaché aux États-Unis en 1845. État esclavagiste, le Texas participa aux côtés des Confédérés à la guerre de Sécession.

Trois liens apparaissent donc dans la présentation du site. Il s'agit de trois outils: « Dynamic interactive map», « Database search engine » & « Digitized original documents ».

Passons désormais le menaçant desperado de la page d'accueil et attaquons nous à la partie technique du site.

Présentation:

Quatre onglets apparaissent sous le titre du site. Détaillons les un à un.

About the project:

Résume le projet.

1) Staff and Sponsors: Le chercheur (Andrew Torget) s'entoure d'une équipe technique compétente pour donner une « forme numérique et technique » à ses recherches. Des sponsors donnent aussi la « main à la pâte ».

2) TSP in the news: le site dans les médias.

Explore the maps:

1)Browse the map: L'aspect sans doute le plus technique du site.

Onglet n°1: En cliquant, une carte interactive s'affiche. Il s'agit d'une représentation du Texas et de ses localités. Plusieurs outils s'affichent. De gauche à droite, deux « écrans de contrôle ». Le premier « Map Features » permet la sélection des comtés texans et l'affichage d'un graphique spécifique démontrant l'évolution de l'esclavage dans la zone (d'autres options mineures sont aussi présentes). Par soucis de clarté, le graphique s'affiche dans une fenêtre à fond blanc.

Le second, à droite fait office de base de données et comporte plusieurs critères de recherches. La légende est aussi présente dans ce cadre.

Sous la carte, une frise chronologique apparaît. Elle interagit avec les différents éléments proposés par la carte. Voici le principal intérêt de l'ensemble. Il y a un mode « lecture » où l'on peut voir l'évolution des données selon la date, la localité et les critères de recherche en temps réel.


Onglet n°2: « Graph the TSP database ». Un graphique comparatif apparaît avec différentes options permettant d'associer différentes données issues de la base de données (énoncées sur le tableau « Graph options »).

2) Abouts the maps: Explique le processus de création des différentes cartes et l'utilisation des ressources mises à la disposition des visiteurs. Commente la démarche des recherches.

The Database:

1) Browse & Search: Base de données en ligne utilisant plusieurs options de recherche. Rapide et pratique.

2) Population Database: Graphs and Statistics: Dans plusieurs domaines, différents graphiques montrant tour à tour l'augmentation des possesseurs d'esclaves, le nombres d'esclaves, leur augmentation selon les années, les localités, comparaisons avec d'autres phénomènes, [etc].
Complet et précis.

3) About the database: Permet la compréhension et la bonne utilisation des ressources proposées à l'utilisateur. Les « about » de ce site sont à considérer comme des modes d'emplois, bien utiles pour comprendre les raisonnements du chercheur.

Primary Sources: Accueil: présentation des sources puis « links »:

1) Browse: Accès facile et rapide à la matière première. Les sources sont classées par catégories, disponibles et détaillées.

2) Search: Recherche par mot clé. Procure un confort supplémentaire.

3) About: Présentation des sources. « The digitized primary sources on the Texas Slavery Project provide access to hundreds of letters, newspapers articles, legislative decrees, and diplomatic correspondence during the 1820s through the 1840s. The primary sources are organized by document type ».

Conclusion.

Premier constat: Ce site est très bien conçu. A la fois technique et spécialisé, il n'en demeure pas moins ergonomique et facile d'accès. On est accompagné en permanence (le chercheur nous indique toujours la direction qu'il emprunte) par des didacticiels ( « about »). Ce site n'est donc pas réservé aux chevronnés mais ouvert à un large public. Voici son but: démocratiser un sujet pouvant s'avérer corsé pour la moyenne des usagers d'internet grâce à des outils pédagogiques tels que la carte interactive (enginereed by History Browser).
L'usage de ces nouvelles technologies permet donc à l'histoire de sortir des sentiers battus. L'approche historienne basique s'en trouve donc régénérée. Ce site démontre les intérêts principaux de la « digital history » Les nouveaux moyens techniques modernisent l'approche d'un sujet pouvant sembler conventionnel et le rendent dynamique et abordable.