mardi 1 février 2011

L'histoire à l'ère du numérique: Le temps d'un bilan.


Ce dernier billet est la conclusion d'un travail débuté en octobre et se terminant en janvier. Tout au long de ce séminaire, différents thèmes ont été explorés; du Web 2.0 en passant par une analyse de la Digital History, pour s'achever sur une critique de l'histoire numérique. Que retenir de ce vaste tour d'horizon?

La technologie et les médias permettent une approche nouvelle et efficace de la science historique. Les possibilités sont décuplées en utilisant les ressources de façon judicieuse. Pour quelles raisons  s'en servir? C'est la question que je me pose au sujet de mon travail qui ne semble pas être dépendant de ces techniques ou de cette façon de faire l'histoire. L'ordinateur pour moi reste un outil de conception et non de diffusion. Pour le moment, je laisse aux autres le soin d'emprunter cette voie même si je reste admiratif devant les solutions numériques découvertes lors de ce séminaire.
Ces dernières modernisent l'histoire. Je préfère ne pas rester trop dépendant de l'écran lors de mes recherches. L'ordinateur occupe une place centrale dans la vie de tous les jours. Cela se répercute indubitablement sur les habitudes d'un chercheur. Cependant, il faut garder le goût du déplacement aux archives, du contact avec ses coreligionnaires. « Traquer l'aspect matériel est primordial ». Selon moi, l'approche numérique doit rester progressive et non systématique (à l'occasion ou selon les circonstances). Je serai bien incapable de m'y retrouver...

Pour répondre au deuxième point, je pense que plus on inclut de matériaux différents à une exposition (ou autre), plus on dynamise le sujet. Les sources permettent une assimilation directe. Les blogs,  twitter, les flux rss, les sites en lignes et autres peuvent supporter tous ces formats. Le texte est soutenu par un apport visuel et sonore compatible avec les différentes idées mises en place.  Toutefois, il faut toujours justifier et légender. L'écueil serait dans « distribuer à tout bout de champ ». Il faut qu'elles gardes un rôle d'étai. L'impact visuel est déterminant. Il faut frapper les sens. Les solutions numériques « exhumées » durant le séminaire furent tout à fait nouvelles. Il s'agit de produire d'une autre façon. Le numérique rafraichi indiscutablement l'histoire et la hisse au même niveau que les autres sciences homologues ou hétérogènes.

Y a t-il eu des situations où vous avez estimé que vous étiez confronté/e à quelque chose de complètement nouveau? des situations où vous avez pu utiliser votre expérience ou des connaissances et improviser à partir de là?A cette question, je répondrais: « Venant d'un petit village du fond de la Camargue »; beaucoup de choses furent nouvelles et il fallut improviser à certains moments...

Pour ce qui est des interprétations (troisième question), il faut qu'elles demeurent modulables selon le public visé. Les idées « primaires » sont difficiles à formaliser. Il s'agit de « partitionner » une musique complexe déjà toute orchestrée dans les limbes (parfois embrumées) d'un cerveau (souvent fatigué). Quel est le meilleur moyen pour la retranscrire? Opérer en crescendo: De l'idée la plus simple à la plus détaillée. Une réflexion aussi anodine soit-elle, doit être définie comme une porte entrouverte. Au public de franchir le pas. L'implicite ( « ce qui émane ») permet de lancer et de construire un débat propice permettant de transformer diverses thèses en une seule synthèse.

Aujourd'hui, pour rendre l'histoire intéressante au public, au « maistream »; il faut que la discipline s'adapte à ses attentes. Mais que demande le peuple? Une approche moderne et non plus austère comme l'ont suggéré ,par exemple, des années d'enseignement dispensées par certains professeurs jouant plus ou moins le rôle de magnétophone, envoyant de temps en temps un petit diapo pour sustenter une chiourme d'élèves endormis, rincés, définitivement ailleurs...

Il faut donner à l'histoire, une forme dynamique, « attirante » et agrémentée: N'importe quel sujet peut-être mis en valeur. Tout ce qui peut paraître plat peut prendre un certain relief. L'histoire doit être vivante. Le numérique, par les solutions qu'il propose, peut lui servir  « d'exhausteur » et « d'adrénaline ». Indiscutablement, Internet se pose comme un vecteur, un transmetteur de savoir. Les sites historiques sur lesquels nous avons débattus pendant le séminaire en sont les exemples parfaits....

Quel genre d'historien pensez-vous être? Quel genre d'historien/ne voulez-vous être?

[Encore faut-il avoir le M2 en poche!]

Tout d'abord, je ne me définirais pas en temps qu'historien pur car j'aime mélanger les approches. « Journaliste de l'histoire » un jour m'a t-on dit... Journalisme et histoire? Un paradoxe? Certains le pensent, mais lier ces deux disciplines ne peut être que profitable. Selon moi, l'histoire contemporaine se fait sur le terrain et se pratique comme une investigation. Si possible, il faut être sur place, au contact permanent des lieux, des acteurs et des témoins. Rester statique est selon moi incompatible avec la discipline. Pour moi, un bon historien doit savoir conjuguer les pratiques. Toutefois, aller enquêter à la « source » de l'histoire n'est pas tout. Il faut consentir après ce travail à bâtir sa pensée grâce au travaux des pairs et reprendre une approche « classique ».

Dans l'approche de mon travail, je reste plutôt « vieux jeu », c'est à dire: « stylo-papier » et je ne veux pas que mon travail soit essentiellement lié au Web. Cependant, l'historien moderne est déjà entièrement lié au numérique: appareil photo, traitement du texte, de l'image et de la vidéo... Internet est un outil fabuleux. Il fait gagner du temps, aide à corriger les fautes d'orthographes, permet de trouver la ressource adéquat au bon moment et j'en passe. Hélas, Internet ne fait pas tout. Même s'il donne des pouvoirs supplémentaires, il ne remplacera jamais le format papier et les archives. Le Web est un très bon moyen de communication. Certaines solutions de partage se révèlent très pertinentes. Encore faut-il trouver quelqu'un avec qui partager. Et surtout, faut-il trouver de la matière à partager sur le net... Ce séminaire m'a fait prendre conscience que je pouvais faire quelques petites exceptions... Il faut se prêter au jeu et  l'on ne change pas ses habitudes de travail du jour au lendemain. Avec le temps peut-être ferais-je  partie d'une communauté de recherche, et échanger mes données en ligne sera payant.

Pour conclure, ce séminaire fut enrichissant à bien des égards. Les sujets abordés furent autant de découvertes... A certains moments, il fallut se creuser la tête: «  Comment vais-je réaliser la critique de ce produit? » ou « M#r%e! Ça veut dire quoi Overwhelming??? ». Le travail fut en retour gratifiant et les progrès en vocabulaire technique anglais, notables...

Sinon, l'ambiance générale était sympathique et conviviale. La part de tarte et les chouquettes pas mauvaises... Les différents rendez-vous étaient constructifs malgré le nombre parfois restreint des intervenants. C'est une expérience à refaire!